Après avoir visionné le petit film mis à votre disposition dans une note précédente qui montrait le travail de la Mairie de Tours en la personne de Jean-Pierre Cheneveau, inspecteur insalubrité et de la parasitologue Catherine Combescot-Lang de l'université François Rabelais, nous avons souhaité en savoir plus sur l'expérience de cette commune qui, dit le film, a obtenu des résultats incroyables, puisque de 22% d'élèves atteints de pédiculose en 1992, Tours affiche un taux de prévalence quasi nul aujourd'hui.
Comment est-ce possible ? Nos poux sont-ils d'une autre espèce ? Plus résistants que les poux tourangeaux ? L'université de Tours aurait-elle découvert le "produit miracle" appelé des voeux de tant de parents ? C'est ce que nous avons voulu savoir en appelant "la spécialiste" des poux en France (ils ne sont qu'une 30è dans le monde).
"Il n'y a pas de produit miracle", nous dit Mme Combescot-Lang lors de notre entretien téléphonique du 23 octobre. "Et l'on peut d'ailleurs se demander comment tant de produits inefficaces sont mis en vente si ce n'est pour enrichir les industriels et certains pharmaciens ? Certains pharmaciens participent à l'endémie en vendant des produits inefficaces mais chers juste pour écouler leurs stocks". L'université de Tours cherche aussi à comprendre auprès des parents pourquoi les traitements anti poux échouent. Vous pouvez répondre ici à cette enquête en ligne afin de faire avancer leur travail.
"Je peux cependant" poursuit la parasitologue "répondre d'un produit que j'ai testé moi-même dans mon laboratoire, le DUO LP PRO. C'est un engluant qui agit de façon mécanique en étouffant le pou ; nous lui avons attribué une note de 20/20. Mais aucun traitement, même efficace à 100% n'a de chance d'aboutir s'il n'est appliqué de façon concomitante et collective, c'est-à-dire qu'il faut traiter tous les membres d'une famille et d'une collectivité en même temps. Car il suffit d'un seul enfant non traité pour relancer l'épidémie".
Voilà donc où le bât blesserait... Qui coordonne l'action ? A la maison, c'est nous, parents qui prenons garde de bien traiter tout le monde en même temps ; mais si nous traitons nos enfants et qu'à l'école un autre enfant ne l'a pas été, cela ne sert à rien. Il faut donc parler des poux à l'école sans tabou car nous savons bien que le problème touche toutes les couches de la société. Si mon enfant a des poux, je dois le signaler à l'école. Mais les enseignants devraient aussi faire un travail de dépistage et signaler aux parents que leur enfant se gratte la tête, par exemple, par un petit mot dans le cahier de correspondance. Quand un cas a été détecté, tous les parents doivent être mis au courant par affichage et mot dans le cahier afin que nous vérifions la tête de nos enfants et les traitions simultanément lvoir ici), comme le préconise le docteur Combescot-Lang. Nous avons inscrit le sujet à l'ordre du jour du premier Conseil d'école du 9 novembre.
Reste l'action au niveau de la Ville. Seule la mairie de Tours a pris le problème à bras le corps. Une association s'est crée à Montereau (77) "en raison du facteur d'exclusion sociale que représente le pou" nous a expliqué Francine Tétu, sa fondatrice. Mais c'est en couplant le problème des poux avec celui des caries qu'elle a pu obtenir un financement pour monter son action... car le prix des produits anti poux ne doit pas être non plus un tabou ! Il est évident qu'il peut aussi être prohibitif et rédhibitoire pour des familles modestes.
C'est donc un sujet délicat que celui des poux car ce n'est ni un problème de santé (comme les caries) ni un problème d'hygiène. De ce fait, nous, parents sommes laissés seuls face aux industriels et aux pharmaciens pour tenter de régler un problème récurrent.
Que ce soit sur les poux, les toilettes à l'école, la restauration ou l'adéquation entre les rythmes de l'enfant et les rythmes scolaires, force est de constater que lorsque chaque acteur (la mairie, les parents, l'Education Nationale) prend ses responsabilités de façon pro-active, réfléchie, coordonnée et simultanée, les résultats sont là. Une réserve cependant sur l'article : rester vigilant sur le DUO LP PRO (sur tout produit en général) qui reste un produit nouveau, apparemment efficace (je l'ai moi-même essayé avec succès) mais dont des effets collatéraux peuvent survenir, au même titre par exemple que les adjuvants / excipients des vaccins contre la grippe H1N1.
Rédigé par : Arnaud | samedi 31 oct 2009 à 06:04